21 juin 2009 — Rien Ne Va Plus
Kids, parmi mes plus fidèles compagnons de route, je peux citer mon vieux sac à dos Quicksilver beige (qui est en passe de battre en ancienneté celui que je trainais au collège, tout en réalisant l’exploit d’être un peu moins rapé/troué/crado), mon ipod a qui j’impose une cadence démentielle depuis son acquisition, l’irremplaçable carte 12-25, le GPS de mes parents (qui est plus ou moins devenu le mien pour cause de squattage intensif et abusif) et surtout, la voiture qui va avec.
Une Renault Clio, millésime 1993, blanche, 180 500 bornes au compteur. Une warrior. Qui a gagné 1-0 contre la portière arrière gauche du bolide de ma mère, un jour où je m’enfuyais de chez-moi à la bourre en marche arrière. On construisait solide, à l’époque.
Impossible de faire un excès de vitesse : je suis sure qu’à plus de 140km/h, le volant se décroche à cause des vibrations. Perso, ça fait longtemps que j’ai arrêté de regarder le compteur de vitesse quand je suis sur l’autoroute : généralement, quand je monte l’auto-radio au niveau 22-23 pour couvrir le bruit du moteur, je suis pile poil à la vélocité admise. A noter que ça nécessite de hurler « BONJOUR !!! » à l’arrivée au péage sans prendre le temps de baisser le son (et accessoirement passer pour une jackie). Ou de se coller une frayeur quand on redémarre le lendemain matin et que la radio vous braille dessus plein pot avec les réglages de la veille.
Ces derniers temps, elle m’en fait un peu voir de toutes les couleurs. Ça a commencé l’été dernier quand j’ai crevé un pneu : 2h de lutte acharnée sous le soleil à essayer de démonter le pneu en question, en râlant comme un pou et en envoyant balader tout le monde passke « je suis une femme libérée, ingénieure dans un futur proche, et qu’on va pas se laisser emmerder par quatre boulons, non mais sans blague. »
Résultat des courses, mon frère a eu pitié, a prit le relais, a failli se péter un poignet…et après un débat passionné sur le sens dans lequel on dévisse, et des libations homériques de dégrippant, il a fallu le poids de mon grand-père sur la clé pour débloquer les boulons. Héroïque.
Il y a eu aussi la fois où j’ai eu une panne de ventilation. Ce qui tombait très bien puisque je ramenais quatre filles de mon équipe de basket, tout de suite après un match, un soir de grand-froid. Grâce à ces circonstances combinées et la densité de buée sur les vitres en résultant, j’ai pu découvrir les joies de la conduite avec la tête par la fenêtre, ce que je rêvais de faire depuis mon premier visionnage d’Ace Ventura.
Ensuite, pour une raison inconnue, ma voiture s’est mise à moisir gentiment pendant mon absence en Angleterre, la transformant en boite de pétri le temps des vacances de Noël. Nettoyage intensif, et autres désinfections consciencieuses sont venue à bout des colonies de pénicillines qui squattaient l’intérieur. On ne peut malheureusement pas en dire autant de l’odeur qui s’est accrochée, tenace et pas toujours très agréable. Senteur reblochon bien fait, m’enfin au bout de 2h, on y fait plus attention…
Il y a deux mois j’ai réalisé que c’était à cause d’une fissure vachement pernicieuse et bien planquée au-dessus de la roue (réparée depuis avec un bout d’adhésif argenté), qui envoyait l’eau directement dans le coffre, avant d’aller inonder les sièges arrières…de ce côté, je remercie les sacs que j’avais mis dans le coffre pour m’avoir permis de la localiser. Dommage qu’ils aient été trempés (ainsi que leur contenu) lors de cette heureuse découverte.
Et enfin, j’ai appris à mes dépends que si je la laisse sur un parking plus d’une semaine sans débrancher la batterie, elle me boude et refuse carrément de se mettre en route. J’ai pris l’habitude de la démarrer à la pince croco, avec une vitesse et une habileté qui flirte avec la virtuosité pour peu que j’arrive à localiser une âme bienveillante qui sache ouvrir le capot de sa caisse sans un manuel.
Tout ça pour dire…bien que ce bolide m’ait rendu de fiers services pendant 3 ans en sillonnant la France (et une partie de l’Angleterre) sans panne majeure, il est peut-être grand temps d’envisager une retraite avant qu’elle ne fasse un infarctus au bord de l’autoroute. Histoire à suivre…
18 juin 2009 — Ailleurs, My Life, Rien Ne Va Plus
Aujourd’hui, c’est racontage de vie !!
Les ptits loups, tous les matins, la société met à disposition de ses gentils employés un BUS pour qu’ils puissent aller au boulot. Départ 7h25 devant la résidence étudiante, gratuit, et même s’il n’est pas super rapide, il vous amène à bon port à l’heure. Plutôt pratique quoi.
Ça pourrait même être parfait, sauf que.
Je me demande encore ce que j’ai fait au Bon Dieu pour que, tous les matins, la même stagiaire vienne s’asseoir à côté de moi avec un grand sourire. Elle n’a même pas encore déposé son auguste derrière sur le siège qu’elle commence déjà à papoter. Un vrai moulin à parole. On l’arrête pas. Sa vie, son œuvre, ses combats, un peu comme le blog que vous êtes en train de lire sauf que vous ne pouvez pas refermer la page web pour faire en sorte que ça s’arrête. À ce moment là, il est 7h30. 7h30, people, et c’est insupportable. Si comme moi vous êtes un oiseau de nuit, du type pas réveillé et grognon le matin au réveil, vous comprendrez ma douleur.
Je sais tout : qu’elle est d’origine russe, qu’il y a de fortes prédispositions pour le diabète dans sa famille, qu’elle se lave les cheveux tous les jours, qu’elle ne loupe pas un match de rugby et qu’elle regarde Battlestar Galactica (c’est dommage, j’avais vraiment envie de regarder la série mais quand j’y pense, je vois sa tête et ça me bloque). Je sais tout et, confidence pour confidence, je m’en contretape abyssalement.
J’ai tout essayé, de l’air d’intérêt jusqu’à l’expression d’un ennui profond manifeste. Bâillements à répétitions. Toussejmenfoustousse. Les écouteurs dans les oreilles. J’ai même tenté d’en placer une dans l’espoir de réguler cette diarrhée verbale, avec mes mots dans le rôle de l’imodium mais elle continue sur sa lancé comme si je n’avais pas ouvert la bouche : généralement, je m’interromps au beau milieu d’une phrase, entre le verbe et le COD, lorsque je constate que de toute façon elle m’a coupé la parole depuis un bail, s’en cogne royalement, et se sent d’attaque pour monologuer encore 20 min.
La seule chose qui marche à peu près, c’est feindre le sommeil. Il faut juste être assez vif pour grimper dans le bus en premier et fermer immédiatement les yeux avec un soupir épuisé à fendre l’âme. Si vous êtes assez rapide, elle aura la décence de ne pas vous réveiller pour vous raconter son programme de la soirée précédente (généralement constitué d’un bain d’une heure, d’une sieste…et j’avoue qu’après j’ai toujours décroché. Probablement un épisode de Battlestar Galactica).
Tout ça pour dire, j’espérais qu’en revenant de ma session d’examen en Angleterre elle se serait chouia calmée. J’ai même pris la voiture pour aller au boulot la semaine qui a suivit, afin d’être sure de faire mes trajets tranquillou.
Quand j’ai repris le bus, RIEN n’avait changé. Mis à part qu’elle avouait avoir été prête à m’envoyer un sms pour savoir ce qui m’était arrivé. Oscour. Alaide. (Si vous vous posez la question, je lui ai laissé mon numéro après m’être fait harceler une demi-heure sur « comment télécharger la derrière saison de Battlestar Galactica ». J’étais prête à tout pour être sûre qu’elle ne me suive pas jusqu’à ma chambre).
Et ce matin, le miracle à eu lieux.
Hallelujah. Ozana. Laché de chérubins potelés. Et autre angelots de la même Arche de Noé. Sonnez hautbois, résonnez musettes. Son, lumières et félicité.
Il y a une NOUVELLE STAGIAIRE.
L’effet fut immédiat, l’autre pipelette l’a immédiatement prise sous son aile pour la coacher pendant tout le trajet, me laissant commater avec délice contre la fenêtre du bus, un sourire de béatitude peint sur le visage.
Prière sincère pour cette nouvelle âme innocente qui bosse ici jusqu’à début septembre, espérons qu’un autre nouveau arrivera d’ici là où elle risque vite de trouver le parcours insupportable. Amen.
15 juin 2009 — Ailleurs, My Life
Me voici tout juste de retour de Paris et d’un week-end attendu avec impatience depuis…longtemps.
AC/DC. Le Stade de France. Et moi.
J’ai SU au plus profond de mon âme de zikos qu’un hypothétique soir dans le futur me trouverait au milieu d’une horde de fan hurlante pour un de leur concert, à l’instant précis où mon frère glissa dans un lecteur CD leur Live de 92, et que l’intro entêtante de Thunderstruck déclencha une Ola sur mon épiderme. Les ptits loups, j’ai guetté.
Des années plus tard, me voilà devant mon PC, à l’aube, à harceler le site oueb de la Fnac par un froid matin de décembre, jusqu’à ce que, après une lutte acharnée, j’arrache aux serveurs surchargés 2 places en pelouse « or », au plus près de la scène. Victoire. Mission Accomplie. Tant mieux parce qu’après avoir manqué ma chance lors des ventes pour les concerts de Bercy, j’étais prête à vendre un rein pour récupérer des tickets sur le marché noir en cas d’échec.
Sept mois passent, je suis dans le train partant de Toulouse, cap sur Paris. Des fans pleins les wagons. Ça parle musique, on arbore ses plus beaux t-shirt du groupe australien, des magazines de rock circulent de siège en siège. Ça va être top.
Et enfin ça y est, mon frère et moi faisons notre entrée dans le Stade pour nous poster à 10m de la scène, des cornes de diablotin en plastique rouge sur la tête, bondissant avec entrain comme des gosses le matin de Noel. Frisson d’anticipation.
Les premières parties s’enchainent et à 21h04, la tension monte d’un cran.
Ça commence « soft » : Un dessin animé défile sur l’écran derrière la scène. On y voit un vieux train à vapeur fou, avec le groupe à bord. Angus Young le guitariste, en diablotin sapé comme un écolier, est à l’avant de la machine et fait monter la pression, le tout avec force sous-entendu graveleux…jusqu’au moment où l’écran s’ouvre en deux pour que le Rock’n Roll Train, tout de métal et de carton pâte, entre sur scène. Et là, alors que le premier accord fait vibrer les amplis, le chaos explose.

D’un seul élan, la fosse entière vous propulse 5 m en avant. Les pieds flottant au-dessus du sol, votre espace vital est sacrifié. La température monte de 10°. J’ai juste le temps de m’agripper à frangin pour ne pas me faire happer par une marée de fans déchainés. J’en profite pour repêcher une petite trentenaire qui suffoque, en pleine crise de panique.
Les deux premiers morceaux se sont passés dans un brouillard confus. J’avoue avoir songé, entre deux esquives de headbang, trempée de sueur de la tête au pied, que je ne pourrais pas survivre à 2h de concert à ce rythme. Et pourtant…

Assez vite, l’enthousiasme de la fosse est redevenu gérable, une fois les plus gros pogoteurs fous échoués en PLS dans un coin du stade. Et la magie opère. C’est vrai, les australiens ne sont plus tout jeunes. Ils ont même pris un sacré coup de vieux. Sans sa casquette pour cacher la disparition de sa tignasse, Angus « Young » ne porte plus si bien son nom. Brian, le chanteur, a pris du bide et son béret lui donne un look de papy. Mais quelle pêche, quel son, quel ambiance…du bon vieux rock, des riffs efficaces, du rythme et des paroles basiques hurlées sur des amplis rugissant. J’adore. Et pendant tout le reste du concert, je me suis retrouvée à sautiller non-stop, les bras en l’air, à brailler refrain sur refrain avec un entrain surnaturel. Carrément. Jubilation et exultation, enivrée de musique. Si vous étiez pas au courant, je suis relativement fan du groupe.
Les morceaux se sont enchainés et il y a eu ce moment incroyable ou Angus, dégoulinant comme une serpillère, plié en deux comme si sa guitare pesait 50kg, a placé ce solo, sur une plate-forme au beau milieu du stade. Plus un seul pogo. La fosse entière calmée, c’était bluffant. 13 bonnes minutes d’héroïsme musical solitaire. Quand je pense qu’ils sont à ce rythme depuis Novembre et qu’ils jouaient à Marseille 3 jours avant…chapeau bas.

J’ai pris un peu le large au moment du final. Complètement déshydratée et aussi cassée que si j’avais pris part à un match avec le XV de France, j’ai pris le temps de profiter de la vue du Stade plein à craquer, illuminé par des centaines de cornes de diablotins rouge qui clignotaient dans le noir. Sur scène, le train avait disparu et une demi-douzaine de canons alignés face à la foule tiraient en rythme sur For Those About To Rock. J’aurais trouvé ça kitch pour n’importe quel groupe. Ici, c’était tout simplement énorme.
Clairement, c’était le meilleur concert de ma courte vie et je ne regrette aucun bleu, aucune courbature. Atmosphère survoltée et moment d’anthologie. Impression magnifique d’avoir profité d’un instant avec des acteurs de l’Histoire de la musique. Avec un grand H. Ferveur du fan comblé aidant, AC/DC s’est élevé pour moi au rang de légende. Ouais. Putain, ça c’est du Rock.
PS: Les photos sont issues de l’excellent blog de Philippe Zegut (http://zegut.blogspot.com/), allez y jeter un oeil, il y a pas mal de trucs là-dessus !
:
10 juin 2009 — Problèmes de sociétés (ou pas)
Les ptits loups, ce matin à la radio, ils parlaient de la sortie cinéma-istique de la semaine : Coraline.
L’histoire relate les mésaventures d’une gamine qui, délaissée par ses parents, explore la grande baraque qu’ils viennent d’acquérir et finit par découvrir une porte secrète qui la mène vers un univers parallèle. Là-bas, c’est beau et magique, comme dans ses rêves, sauf que tout le monde a des boutons en plastique à la place des yeux, façon poupées à l’ancienne. Et que ça dégénère vite fait.
Vous avez probablement vu des affiches, où le côté enfantin et coloré ressort clairement. Avec juste ce visuel, on s’attend à un banal film pour gamin, un peu mignon et probablement plein de bons sentiments. Perso c’est ce que je croyais, jusqu’à ce qu’on attire mon attention sur le nom de l’auteur du livre dont le film est tiré : Neil Gaiman.
Gaiman est spécialisé dans le fantastique, plus ou moins angoissant selon ses œuvres et le sujet, mais généralement rien d’enfantin, pur et innocent. Habituellement peu conseillé à de jeunes lecteurs.
(Au passage, si vous connaissez pas, j’vous conseille de lire, c’est un maître…commencez par Neverwhere, embrayez sur American Gods et si vous aimez les comics, The Sandman vous tend les bras.)
Alors qu’avant je n’envisageais même pas de m’y intéresser plus que ça, le film est devenu d’un coup incontournable.
Et, pour avoir eu l’occasion de le voir en version originale à Londres avant sa sortie sur le territoire français, il est aussi pas mal du tout. La réalisation est jolie tout plein, vous reconnaîtrez le style « Etrange Noel de Monsieur Jack » qui change des graphismes utra-fluide et lissé à la Pixar et qui vont très bien avec les thèmes de l’intrigue. (avec des lunettes 3D c’est encore mieux).
Là où il y a un souci, c’est que ce matin à la radio ils en parlaient, expliquant que c’était le film pour enfant du mois.
Là je me sens obligée de poser mon veto.
Alors oui, bien sûr, il n’y a rien de gore et de terrifiant dans ce film, CERTES, on est à des années-lumières du futur Saw 6 (saw 6, saw 6…mouahaha, ce calembour naze! ) et NON, vous ne passerez pas la moitié du film caché derrière votre paquet de pop-corn. Mais l’atmosphère générale a un fond assez angoissant. Rien que le générique a un côté pas super rassurant. Disons que le côté monde magnifique qui tourne au cauchemar pèse bien par moment, et que certaines scènes sont relativement surprenantes même quand on sent venir le truc. Et les persos avec les yeux en bouton façon poupée ? creepy !
Coraline est un « conte noir », rien à voir avec un ersatz de « l’Age de glace », dont on nous a servi les bandes annonces juste avant.

Toi aussi, fais ta propre poupée vaudou !
Au risque de passer pour une vieille, je sais que les gosses d’aujourd’hui regardent des trucs 30 fois pires que ça mais…ça me parait pas forcément être un film qui convient à des gamins de moins de 10-8 ans…(d’ailleurs il est déconseillé au moins de 10 ans sur allociné)
J’écris tout ça, tout simplement parce que j’ai une fois de plus l’impression qu’un film est automatiquement catalogué pour (très) jeune public dès qu’il y a du dessin animé ou de la 3D. J’avoue, je suis la première à sauter assez vite aux conclusions dans ce cas mais quand on en parle à la radio/télé, le moins qu’on puisse faire c’est de s’assurer qu’une personne dans l’équipe connaît un minimum le film, plutôt que d’interviewer des mômes de 6 ans à la sortie de l’école pour leur faire de la pub sur Coraline.
Ça me rappelle l’époque où Princess Mononoke est sortie en France. Z’avez déjà vu le film ? Enormissime, mais pas tout à fait radin en matière d’hémoglobine et en scène de violence. Il était catalogué « dessin animé pour enfant » dans je sais plus quel ciné. ‘suis passée au guichet pour expliquer aux vendeurs que ceux qui y avent jeté un coup d’œil le déconseillait au moins de douze ans. Bizarrement le film avait changé de catégorie la semaine d’après.
Dans le même métal, prenons les films de Superhéros ! genre The Dark Knight. Pas tout à fait un monument de l’horreur mais déconseillé au moins de douze ans quand même…et pourtant il y avait des goodies tirés du film dans n’importe quel paquet de chocopops ! vous chais pas, mais passé 8 ans je m’intéressais plus vraiment aux jouets kellogs…marrant, non ?
Le dernier exemple que j’ai en tête c’est The Watchmen . Je dois avouer que j’ai bien halluciné en voyant une mère de famille amener sa ribambelle de gamin dont l’ainé devait pas avoir plus de sept ans dans la salle. J’espère pour eux qu’ils sont partis en cours de séance.
Pour conclure, excusez ces réactions outrés qui n’en sont pas : c’est une simple variation de la rengaine «faut se méfier des idées toutes faites », le tout saupoudré d’observation amusé de paradoxe de société. Je précise également que j’ai la résistance d’un bisounours face à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un film d’horreur, mais que je l’assume parfaitement ! :D
Ceci étant dit, allez voir Coraline, c’est plutôt chouette.
7 juin 2009 — Ailleurs, Imperial College, Londres
Et voilà.
Je viens de finir l’un des plus grand challenge logistique de ma courte vie. En dix jours, j’ai usé 4 billets de trains, 2 billets d’avion, quelques tickets de RER et ma fidèle carte Oyster. J’ai testé 2 auberges de jeunesses différentes et squatté en transit chez mes cousins les autres nuits, pour des escales parisienne dont la durée oscillait entre 15 et 52 heures. J’ai passé 5 partiels et un entretiens à HEC, et changé le contenu de mes sacs de voyage un nombre incalculable de fois.
Je suis à l’aéroport en attendant que l’embarquement commence, et si Dieu veut, je serai de retour en France d’ici quelques heures. Encore une petite centaine de kilomètres en voiture, et je devrai être en mesure de black-outer dans un coin de ma chambre à Pau. Espérons que mon bolide va démarrer sans me faire de gag cette fois-ci, je me sens pas d’attaque pour attendre une dépaneuse sur le parking de l’aéroport entre 23h et minuit.
Kids, vous savez à quel point je suis fâchée avec tout ce qui rapproche de près ou de loin à un « départ» , ceux qui suggèrent une certaine finalité, du moins. (’fin vous le savez peut-être pas mais maintenant zêtes au courant). Curieusement, je n’ai pas le traditionnel coup de blues que je me trimballe fugitivement dans ce genre de cas.
Je suis simplement vidée et bien assommée, avec un champ de vision un peu plus limité que d’habitude et des charbons ardents à la place des yeux. Ou alors les évènements se sont succédés tellement vite depuis que je suis partie que mes neurones n’ont pas pris le temps de tout traiter-enregistrer. Y a aussi de fortes chances que je sois trop démontasse pour avoir envie de me lancer dans un instant de mélancolie émue, même si mon inconscient en a envie. Généralement l’épuisement total a plutôt l’effet inverse sur ma modeste personne. Tant mieux si j’y échappe cette fois-ci. Paradoxalement, si je m’écoutais, j’irai me prostrer dans un coin de l’aéroport, emmitouflée dans mon hoodie, en versant des larmes d’épuisement avant de m’endormir sur place. Quand mon réveil va sonner demain matin vers 6h50, il est fort possible que je me mette à chouiner avant de m’extirper de ma couette avec des marmonnements fatigués et déchirant.
Je viens quand même de passer 5 min à expliquer à l’enregistrement que je me rendais à Lyon, avant de me souvenir que je vais à Toulouse. Chais plus trop où j’habite, là.
N’empêche, le week-end était fun, touristique, festif et vraiment chouette. Finir l’épisode « Londres» sur une note de ce genre, ça fait plaisir !
La suite des évènements est un peu flou (je vais pas m’en plaindre). Je me vois bien passer quelques soirées tranquillou, me poser un brin, faire la sieste, passer quelques coups de fils, dépoussiérer ma guitare, regarder des bouts de série US…avant de reprendre vite-fait la route pour de nouvelles aventures que j’espère riche et en fun et en émotions. Oui, toussa.
J’en peux plus les enfants. Vivement que je sois dans l’avion, je vais m’écrouler avec délice.
28 mai 2009 — Imperial College, Londres, Problèmes de sociétés (ou pas)
Me revoilà à Londres. Mon squat actuel est une charmante auberge de jeunesse Girls Only (ou comment profiter de la discrimination positive pour se loger quand on est une nana), à 2 arrêts de tube de l’Imperial College. Pas mal mais leur réseau wi-fi pue: Je suis actuellement dans le couloir, mon pc sur les genoux.
Je suis venue ici par la voie des airs et, du coup, j’ai bien envie de vous faire une analyse du joyeux festival qui se déclenche immédiatement après l’arrêt complet de l’avion sur le tarmac, à l’arrivée.
Dès l’extinction du signal lumineux, vous remarquerez que les gens bondissent toujours littéralement de leurs siège, avec en fond sonore le cliquetis d’innombrables ceintures de sécurité qu’on déboucle à la volée (paye ta formule). Et ils patientent tant bien que mal, fébrilement, debout courbés entre les rangés de sièges, à raison de 3 au m², en attendant que la passerelle soit arrimée et la porte ouverte pour libérer les fauves. Pourtant l’avion n’est pas en flamme, mais il faut visiblement s’en enfuir le plus vite possible.
Je me gausse, mais je suis la première à faire ça. Généralement, je voyage à la bourre, avec correspondance, rendez-vous avec des potes…(mazette, ça fait carrément femme Barbara Gourde tout ça) et croyez-moi, pour s’extirper le plus vite possible d’un aéroport en économisant une bonne demi-heure, ça nécessite une organisation minutée. J’vous ai fait un petit shéma récapitulatif :

Tout un art. L’autre avantage de se mettre devant c’est que statistiquement, en cas de soucis, c’est là où vous avez la plus haute probabilité de survie. J’ai vu de ces trucs sur les avions en cours cette année…je devrais envoyer quelques photos au service pub de la SNCF, ça les aiderait à vous faire préférer le train, tiens.
Mention spécial à Ryanair, quand même. Hormis le fait qu’ils sont encore plus voyous qu’Easyjet pour tenter de piéger le client en multipliant les combines pour le faire raquer pour un oui ou un non, tout ce qu’ils font est esthétiquement très laid.
Le site oueb est de type moche, criard, agressif en plus d’être bordélique et opaque. Le pire c’est qu’on retrouve ça dans les avions. Admettons, ils n’ont pas le choix, économie oblige, l’intérieur est 99% vieux plastique. Mais ils n’étaient pas obligés de choisir des couleurs aussi moches, si ? bleu pétant et jaune fluo. Heureusement que les trajets sont courts parce que ça pique les yeux.
A une époque, on avait droit à un superbe jingle après l’atterrissage. Une catch-phrase du style « Bravo, encore un atterrissage réussi pour Ryanair ! ». Applaudissement pré-enregistré. Ovation en voix-off. Mélodie débile qui donne l’impression d’être prisonnier d’un Tex-Avery. Roulement d’yeux effaré de ma part. Et tout. Expression complètement paniquée de ma voisine qui a sprinté jusqu’à la sortie.
C’est bizarre, on l’entend de moins en moins, cette annonce, allez comprendre.
En traversant les nuages, j’ai pas pu m’empêcher de jeter un coup d’œil par le hublot, avec un ricanement niais. La faute à ce extrait collector du film le plus WTFesque de l’année. Scènes anthologiques, bien que globalement ce soit une bouse sans nom. J’vous laisse déguster :
18 mai 2009 — My Life, Rien Ne Va Plus
Kids, jeudi dernier a eu lieu un événement relativement douloureux, en plus d’être particulièrement malvenu.
Mon vaillant ordinateur portable, compagnon d’infortunes, galères et autre no-liferie, vient de passer l’arme à gauche, après 4 ans de bons et loyaux services. Enfin presque.
Duh.
Tout ça, c’est la faute de l’écran. Et aussi la mienne. J’estime que si je n’avais pas bougé la souris au moment où ce papy technologique se mettait en veille avec un soufflement de ventilo fatigué, je n’aurais pas déclenché le micmac électrique qui grilla les condensateurs du rétro-éclairage. Scrogneugneu de champs électrique en carton. Tension de claquage détestable. Une vraie plaie. Putain de Vietnam, Joe.
Je suis sure qu’avec un tournevis, une pièce de rechange et un fer à souder il y a un sauvetage à tenter mais je suis pas certaine que le rapport « (coût/temps)xrisque » vaille le coup, ni que vous ayez envie de m’entendre marmonner en causant électronique.
Tout ça pour dire, à moins de me mettre devant l’ordi avec une lampe frontale de 1000W, c’était, genre, sombre (ou opaque, comme vous voulez) et par extension assez peu pratique.
Du coup. Pour palier au plus pressé, j’ai fait une descente à la boutique du coin et raqué quelques euros pour un écran, histoire de pouvoir continuer à bosser mes cours/sujets de partiels que j’avais –bêtement – laissé sur mon disque dur. Et aussi réfléchir à la suite parce qu’à compter de mercredi et pour les 3 semaines à venir, je vais voleter de squat en squat tous les 4 matins très exactement. Et je me vois assez mal trimballer écran+PC agonisant+douzaine de câble de tout ce bazar dans la calle d’un avion/eurostar/sous-marin. Il fallait agir vite, et efficacement.
Les ptits-loups, je n’aurais pas connu de tel embarras si tout le savoir humain (enfin celui qui m’intéresse du moins) n’était pas disponible uniquement sous forme de données numériques. Dommage que les polycopiés soient si peu éco-citoyen parce que EUX n’ont pas besoin de rétro-éclairage pour être lisibles. Sans oublier, il faut le dire, toutes ces petites geekeries qui n’ont rien à voir avec les études qui font que c’est quand même déchirant de se passer d’un PC de nos jours. Mais passons.
Du coup, je suis retournée à la boutique du coin et j’ai échangé l’écran contre ça :

Un bébé d’1,4kg pas bien grand (10’’), autonome (9H) et totalement ridicule à côté du glorieux 17’ qui a accompagné mes années étudiantes. Mais c’est fichtrement pratique et tout à fait compatible avec la moyenne de vadrouilles diverses et variées, de l’instant et des 6 prochains mois, prévues dans mon agenda de type ministériel.
Puis c’est cute, pas la grosse ruine, relativement rapide, avec Windows XP et une sortie vidéo. En clair, ça fera très bien l’affaire pour dépanner au pied levé, pour l’instant. Quand les temps seront meilleurs, j’aviserais pour élire le prochain vrai PC sur lequel je jetterai mon dévolu…en espérant que je n’égare pas ce petit truc au fond d’un sac entre-temps !
Autrement, je me refais à peu près toutes les ziks plus ou moins kitch/cultes/pourave, en redécouvrant le métal finlandais et la pop grecque, probablement un side effect désagréable de l’Eurovision. Les enfants, il est temps que je quitte ces 16m² exigüe, l’enfermement volontaire bien que contraint et forcé est abrutissant et ne me sied guère plus d’une semaine. Enfin on reparlera de tout ça quand je serais paumé dans l’immonde bordel logistique qui s’annonce, entre stage,partiels, entretiens, partiels, résultats, partiels, dans x villes/pays différend…si je m’en sors vivante, je pourrais clamer au monde que ça n’a jamais été autant la croix et la bannière de faire tenir tout ça en un temps record…et que je resterai enfermée dans ma chambre à glander avec délice pour un bon paquet de soirées.
11 mai 2009 — Ailleurs, Vacances
La semaine dernière, j’ai vu du pays. Un passage éclair à Lyon, où j’ai du passer plus de temps dans les transports que dans la ville…et une expédition à Séville, avec quelques potes de « l’UCPA made in Birmanie ». Pau-Saragosse-Séville pour être plus précis, un joli planning de route, le tout plié en moins de 7h de trajet pour un budget réglo. Je suis assez fière de moi sur ce coup-là.

J’avais déjà posé mes valises dans le coin il y a une dizaine d’année mais je dois dire que j’avais oublié à quel point la ville est belle. Les maisons lambda sont toutes peintes, les rues pavées de haut en bas, il y a de la verdure partout et, printemps oblige, vous avez des bougainvilliers de 10m de haut qui croulent sous les fleurs, le tout avec un soleil au beau fixe…ballade plutôt sympa, quoi.

Je vous épargnerais la description des bâtiments/palais/église…sachez juste que c’est beau et très classe. Culinairement, ça a été cure de tapas et d’apéro tout simplement monstrueux et trop pas diététiques. Mention spéciale aux petits dèj’ andalous : cafe con leche avec des tartines de jambon crus et de pulpe de tomate, le tout arrosé d’huile d’olive (sauf le café, et encore, j’en suis pas sure). Le pied intégrale, surtout si vous avez rien mangé la veille.

Niveau soirée, j’ai pas fait aussi festif depuis l’épisode fatidique du Perroquet Bourré, rue sainte-Catherine à Lyon. C’est dire.
Méfiez-vous quand vous demandez un assortiment de shooters dans un bar, l’absinthe est autorisée en Espagne et le truc vert servi à ras-bord qu’on vous refilera est chouia plus corsé que du Get 27. Si on est pas briefé un minimum avant, ça surprend un tantinet sur la langue et vous vous retrouvez à déambuler bêtement dans les rues de Séville une heure plus tard, beurré comme un P’tit Lu en chantant « Let’s go to the mall, today ». Tout un programme. Ah, et si jamais vous trouvez un bar où les gens accrochent leurs chaussures/chaussettes/ceintures au plafond, sachez que la tradition est d’origine française.
C’était incontestablement pas le week-end le plus reposant que j’ai fait, mais inutile de préciser que ça valait nettement le coup. Après tout, c’est pas tous les jours que l’on peut combiner les joies du tourisme, des défis stupides et des before/pendant/after de compétition, le tout avec une compagnie de qualité.
Du coup, je vais pouvoir sereinement reprendre mes révisions au point où je les avait laissé et passer en « mode ours » pendant les trois prochaines semaine.
« Let’s gooooo to ze maaaaaaaaaall…todaaaaaaay…»
4 mai 2009 — Rien Ne Va Plus
Bon.
Vous l’avez peut-être remarqué, c’est un peu mort dans le coin.
Une tragique histoire de grosse base de donnée qui a bouffée la petite, le tout avec du sang, des larmes, et des violons en arrière plans. En clair, il y a eu un génocide de post, une sorte de bombe à neutron de l’informatique, qui…
Bref. Y a plus rien.
C’est fâcheux, j’étais justement en train de me dire que ce concentré de fadaise allait fêter son premier anniversaire et « BIM, la base de donnée» . (Je soupçonne quand même une opération commando torve de la part de Damien Jean, cf post antérieur)
En fouillant les caches de Google (merci, big brother) et en bidouillant un brin, j’arriverai (à terme), à remettre 90% des billevesées qui se trouvaient ici donc c’est pas non plus le gros drame, même si je ne pourrais jamais ressusciter les centaines de commentaires enfiévrés laissé par l’armée de fan qui se rendait ici chaque jour…
(J’en fais peut-être un peu trop…mais hey, ces comm’, c’était ma fierté !)
ça et les données statistiques du tracker Google qui avaient enregistrées des trucs particulièrement croustillants et que je prévoyais de dévoiler au grand public dans un futur proche…
*sigh*
Ce n’est que partie remise, ce blog renaîtra de ses cendres tel le phénix, grâce à la fonction « antidatage de post» de ce bon vieux wordpress et quelques copié/collé.
Allez zou, au boulot…
1 mai 2009 — Internet, Rien Ne Va Plus, Vidéo & Co
Me voici en direct live du Cap-Ferret, où j’ai retrouvé un ou deux couzinous. Et comme d’habitude, entre deux sessions de surf et un peu de bronzette, on s’est fait une grande soirée de rétrospective des meilleurs moment youtubesques.
Il y a ceux dont on ne se lasse jamais comme par exemple le seul et unique « manualist » :
Je suis vraiment fan, intro, thème, solo…un vrai artiste
Ou encore les “voca people”
Concept excellent, et en plus ça rend carrément bien…
Mais de fil en aiguille, ça dérape, on regarde les vieux clips de l’Eurovision (Dustin the turkey, anyone ?)…on redécouvre Cindy Sanders et « papillon de lumière »…et là, on fait la découverte musicale de l’année.
A ce sujet, je m’insurge violemment. Ça fait au moins 4 mois que ce zigoto a vraiment « percé » et PERSONNE ne m’a tenu au courant pendant mon exil anglais. MERCI pour la solidarité, hein. Ne me dites pas que vous n’étiez pas au courant, c’est pas possible de passer à côté d’un phénomène pareil.
Damien Jean, les ptits loups.
Rien que d’y repenser, je ricane bêtement, l’œil fou et le regard vide (les deux à la fois oui, c’est assez technique). Il y a tout ce qu’on veut dans ce clip, tourné dans un garage redécoré en boite de nuit avec deux lampions et un tourne-disque. Dès les premières secondes, on sait qu’on va avoir quelque chose de GRAND.
Frissons, chair de poule…les premiers accords couinent dans les enceintes du PC…pupilles dilatées, souffle court…et là il ouvre la bouche, des sons en sortent. Que dire ? le temps suspend son vol. Oh. My. GOD.
Vous le savez, la quête vient de prendre fin, vous avez devant vous le summum du kitch, cuvée 2009. FEEL IT !!!
Si vous n’avez pas encore fait un arrêt cardiaque devant la violence des images, si vous n’êtes pas encore suffoqué de rire (les pompiers, c’est le 18), prenons quelques instants pour analyser, ENSEMBLE, un tel chef-d’œuvre. La profondeur du texte. Une voix de basse d’une sensualité extrême (on sent que ça fait pas longtemps qu’il a mué). Ce costume (Suit up !!!). Et surtout ces petits pas de danses vifs, précis, pleins de grâce. Ce grand-écart. Ces CHAUSSETTES !!! Ce python albinos !! (Dude, what the hell ???). Ce solo de guitare !!! cette pyrotechnie digne de Die Hard 1,2,3,4,5 (surtout 5)….Et ENCORE ce grand-écart !!!!
*Pâmoison totale, révélation divine*
Quelqu’un peut noter les paroles sur un morceau de PQ et me les envoyer? j’y arrive pas, entre les larmes de joie et les fous-rire hystérique, c’est pas possible. Et curieusement, on trouve pas les lyrics sur Google…
Quand je pense à l’Eurovision (le 16 mai. N’oubliez pas, préparez le pop-corn, les chips et le pâté, ça va encore être collector), je me demande comment on a fait pour recruter Patricia Kaas, du coup.
Il va sortir un autre tube en Juin. J’ai hâte.