2 avril 2010 — My Life
Alors oui, je sais.
Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit la moindre ânerie dans ces pages web. J’ai même caressé à un moment l’idée de laisser ce blog agoniser et sombrer lentement dans l’oubli froid et sans âme du cyberespace. Tombé de rideau discret, sans oraison funèbre, en toute simplicité…
Mais en fait non. Déjà parce qu’à l’heure où je rédige ces lignes, je m’ennuie comme un rat mort, et ensuite parce qu’il y a quand même vachement de trucs à raconter sur mon environnement actuel (genre). Et aussi parce que ça me manque, de pondre des tirades façonnées dans un style flamboyant clairsemé d’autodérision et d’un franglais à deux euros digne d’un pré-ado. Like good ol’ time. Et finalement parce qu’Audrey m’a fait une remarque, na.
Donc, Toulouse c’est finit depuis janvier. Période un peu étrange, au sein d’une grosse coloc’ de 44 personnes et même s’il y a quelques mésaventures qui se sont déroulées là-bas, je crois que ça ne mérite pas franchement un roman. Du bon et du moins bon, des soirées d’anthologie et de beaux moments de ronchonneries organisé. Voilà. Et depuis ? Paris. Aaaaah Paris. Toute autre ambiance. D’abord parce que ces derniers mois on vu naître une crew de bons fêtards décomplexés au sein de la promo. Parce que je revois des amis qui sont sur place. Et aussi parce que j’aime cette ville. Mon squat actuel est royal, au cœur de la capitale et c’est juste canon.

« Moui… mais non, on est d’accord hein ? »
Par contre, laissez-moi rire, m’esclaffer même : On dit « HEC Paris » et le clampin moyen s’imagine illico un campus classe et stylé, à deux pas de Notre-Dame avec vue sur la Seine. Que nenni. Seulement dire « HEC Paris », ça a quand même nettement plus de gueule que d’annoncer « HEC Jouy-en-Josas ». Surtout quand ce bled au nom mélodieux est en zone 4, perdu en pleine cambrousse francilienne et sillonné de chemins boueux à souhaits les jours de pluie. Ça fait tout de suite nettement moins dreamer. La réalité des choses, les ptits loups, est parfois loin d’être aussi glamour que ce que l’on s’imagine. En l’occurrence, elle est perdue là-bas, dans les terres hostiles et désolées du plateau de Saclay. Les lieux sont tellement froids, isolés et battus par les vents qu’on pourrait y tourner un clip de Manau.
En venant de Paris, il faut emprunter 2 RER différents pour rejoindre ces contrées. Inutile de dire que pour gagner le campus les jours de grève, lorsqu’il neige et que vous attendez dans un brouillard cotonneux un hypothétique train censé faire halte dans une gare reculée de région parisienne, au look vaguement ukrainien d’après-guerre, c’est un peu struggle for life pendant une heure ou deux. Digne d’Oliver Twist, même.
Pas étonnant que les étudiants là-bas organisent des events monstrueux pour conjurer ce tableau. Point d’orgue cette semaine avec l’affrontement des listes pour la candidature du futur Bureau Des Éleves :
Bouffe à volonté, open-bar, des goodies comme s’il pleuvait, chouilles dans des salles surpeuplées, manèges de foire, et près de 100 étudiants qui draguent la population du campus pour leur soutirer des votes, avec des offres qui frisent la prostitution. Carrément.
Magique et décadent. Fou et indécent.
La semaine prochaine, je me barre au Japon pour une douzaine de jours. D’ici là vous aurez peut-être de mes news, parce qu’il faut ABSOLUMENT que je vous narre mes péripéties de recherche de stage. Non, ça vous intéresse pas ? Pourtant, on dirait pas comme ça, mais je vous assure que ça va être passionnant. Be hype, be there.
7 octobre 2009 — My Life, Toulouse
Here I am, les ptits loups. Mim’ in da place.
Donc, comme vous le savez (ou pas), j’ai tenté l’année dernière d’intégrer une école de commerce ou deux, histoire de me frotter au monde inconnu du « Management » et découvrir un peu ce qui se passe de l’autre côté de la matrice dans le but inavoué de savoir comment m’y prendre le jour où je serais maître du monde. Voilà.
Résultat des courses, me voici officiellement en Master Management des Grands Projets (MGP pour les intimes) à HEC pour l’année à venir. Vous savez que j’adore les situations pas toujours simples qui mettent en jeu 3 déménagements minimum dans l’année et par conséquent, chez lecteurs, vous ne serez pas surpris de savoir que je vais sévir 3 mois à Toulouse avant d’établir mon camp de base à Paris à partir de janvier. Passke c’est comme ça, une partie du Master se fait à Supaero, épiçaytou.
Aujourd’hui, je vais vous présenter mon nouveau squat :
10m² perché au bout du couloir, au 2e étage. Je risque pas de me perdre dedans. Avant d’arriver là-bas, en lisant les descriptions, j’ai cru un instant que j’allais me retrouver dans une chambre de type INSA, Bâtiment D. (enfin feu-bâtiment D, il a heureusement finit par être rénové…).Panique.
Fort heureusement, ce n’est pas le cas, et même si ça reste spartiate, je n’ai pas encore vu de formes de vie non-identifiée en plein mutation sur fond d’algues nauséabondes dans la cuvette des toilettes, comme on pouvait en rencontrer dans le D en son temps.
Le seul souci en fait, c’est l’isolation sonore (bon, en résidence étudiante c’est jamais brillant) et surtout l’isolation thermique. Parce qu’au bout du couloir, même si à Toulouse on se ballade en t-shirt de jour, la nuit on se gèle grave. Le premier soir, ma chambre était un frigo, j’aurais tout aussi bien pu planter une tente dehors, c’eut été kif-kif bourriquot. J’ai donc passé ma première nuit roulée en boule sous mes couvertures, tel un husky abandonné au cœur de la Sibérie et contraint à passer la nuit sous une congère. Ça va être marrant en novembre, tiens.
Oui, si vous étiez pas au courant, je suis un petit être fragile, délicat et surtout très frileux.
Le lit à dû être piqué dans un stock de matelas de sieste pour bambins de maternel, aussi. Ceux qui ont le sommeil agité risquent de se retrouver par terre assez vite, et j’estime que les mecs les plus grands de la promo doivent dormir avec les pieds dans le bureau. Les matelas sont bien évidement plastifiés, des fois qu’on fasse pipi au lit, sait-on jamais, ils ont tout prévus.
Bref, sarcasmes mis à part, c’est tout à fait vivable et ma foi, pour 3 mois ça sera impeccable même si c’est loin d’être le 4 étoiles dans lequel je me suis prélassée à Londres. J’ajouterai qu’il faudra que je décore un brin parce que les grands murs gris et tristounets ça va vite me flanquer le blues.
En ce qui concerne les cours, je dois dire que la première semaine fut de type hardcore. ‘fin je savais que j’allais avoir un peu de boulot et après tout tant mieux, j’ai signé pour ça mais là…genre j’ai terminé samedi à 17h. Ourgh.
Tout ça pour dire que je me fonds petit à petit dans mon nouvel environnement. La promo est cool, les gens ont pleins d’idée et pour l’instant ça se présente pas trop mal. =)
29 septembre 2009 — My Life
Les enfants, il s’en est passé des trucs.
J’ai profité de quelques (courtes) vacances, un peu partout en France, à rendre visite à pote et famille, le tout avec un minimum de sommeil pour un maximum de rentabilité.
Bombannes/Cap-Ferret/Guéret/Paris/Lille/Guéret/Lyon/Guéret/Toulouse. A peu près.
Ce qu’il y a avec la vadrouille en intensif, au bout d’un moment vous flanquez le tournis à tout le monde, y compris vous-même. Il y a ainsi ces instants fantastiques où on découvre ses limites : vous traînez par reflexe sur le quai d’un train qui va sur Bordeaux, alors que vous êtes censés vous rendre à Lyon…ou vous mettez le cap sur la route de Toulouse alors que votre destination est Paris…
Mais bref.
Surtout, SURTOUT…depuis vendredi, je suis officieusement diplômée. Ingénieure quoi. Bon, le « vrai » diplôme arrivera en mars donc j’ai largement le temps de me faire à cette idée.
Mais tout de même. Bac +5 quoi, et vous savez quoi ? J’arrive à peine à faire des nœuds, tout juste si j’arrive à boucler mes lacets…
Tout ça au cours d’une journée émouvante, où la totalité de la promo ou presque s’est retrouvée pour échanger souvenirs de stages, anecdotes et autres potins. Suivi d’apéro, burgers, bar à rhum et descente dans une boite infestée de Londonienne. Classique, certes, mais toujours efficace (Au passage, les burgers du Ninkasi sont exceptionnellement bons, c’est une tuerie.)
C’était plutôt chouette de retrouver Lyon, la ville m’avait manqué, mine de rien. Ça et puis évidement tous mes petits camarades de l’INSA que j’avais pas vu depuis un bon bout de temps, pour la plupart.

Ainsi s’achève l’épisode INSA, après 5 ans de boulots, chouilles, concert, apéro, questions existentielles ô combien multiples, coup de blues, craquage, sieste en amphi, retours de soirée en équilibre précaire sur un velov’ et autres fous rires. On aura beau dire, dans l’ensemble on était quand même pas mal du tout, dans ce petit institut villeurbannais.
C’est la fin d’une ère kids, et je ne peux m’empêcher de tourner la page avec une certaine émotion…Farewell, my friends, putain de Vietnam, Joe…surtout que je vais découvrir cette semaine un tout nouvel univers.
Actuellement, je suis à Toulouse, et je squatte depuis lundi les amphis de Supaero, avec sur le front l’étiquette « Commercial ».
J’aurais donc pleins de petite aventures à vous compter dans un futur proche, et promis, je tâcherai de tenir ce blog à jour plus régulièrement si mes péripéties valent le coup d’être comptées…
23 août 2009 — Ailleurs, My Life
Diantre, ça fait un fameux bout de temps que je n’avais pas posté ici.
Presque un mois, bendisdonc…
Les ptits loups, ces derniers temps ont été marqués d’une certaine routine que j’irais jusqu’à qualifier de paresseuse, en plus d’être relativement agréable.
Je suis toujours en stage, à l’heure actuelle, toujours au service expertise, le nez dans les turbines d’hélicoptères et les bouts d’alliage en titane que je mitonne avec amour dans des fours à 800°C avant de les disséquer avec application. J’ai survécu à ces heures incroyables où, en tant que stagiaire, vous faites partis de ces 20% de rescapés qui montent la garde dans des bureaux déserts, alors que tant d’autres se sont enfuis pour brunir sous le soleil d’Aout.
Entretemps, j’ai découverts les joies des pique-niques/restos/barbecue au bord de la piscine entres collègues, des matchs de paint-ball stagiaires VS tuteurs et du package de bleus et autres courbatures qui vont avec.
Bref, l’ambiance au boulot est nettement moins coincée qu’en Angleterre : j’avoue que je me voyais pas me ruer sur un tuteur, fusil au point, et tenter de le cribler d’un chargeur entier de peinture jaune l’année dernière…
J’ai aussi enfin fait connaissance avec ce fabuleux bar à chupitos palois, avec sa carte impressionnante et confirme que le tabasco dans un verre à shooter, pour rehausser la vodka et le jus de citron, c’est une très bonne trouvaille même si ça pique un peu les lèvres.
Mais toutes les joyeusetés ont une fin, et en l’occurrence l’épisode palois s’achèvera pour moi le 2 septembre au soir, dans l’apothéose d’un déménagement tonitruant qui me verra établir un camps de base chez mes parents (genre pour faire quelques escales…disons pas plus de 60H dans le mois, entre deux escapades, soyons fous). N’empêche, je suis toujours effarée par la quantité de trucs que j’arrive à concentrer dans 16m².
D’ici là, j’achève ce rapport de stage, avant de m’atteler au rapport de fin d’étude version française et au compte-rendu de séjour à l’étranger, puis à la présentation powerpoint dudit projet de fin d’étude et dudit séjour à l’étranger…je sens que j’ai pas fini d’user les touches du clavier moi…
Et après mes amis, après…ahah, je vais bouger à travers la France et profiter de mon mois de septembre, entre soutenance et journées de pré-rentré (Come On, une pré-rentré, quelle bonne blague…tant qu’on y est, on devrait instaurer des journées de pré-vacances aussi, pour être sûre d’être en condition le jour J…) et là, ça va être pas mal du tout.
Attendez-vous à avoir de mes nouvelles de façon plus régulière, d’ici là, take care =)
20 juillet 2009 — Vacances
Me voilà de retour du Cap, reposée, l’œil vif et le l’épiderme quelques tons plus bruns qu’avant le départ. Et ce petit séjour revigorant m’a donné envie de vous dévoiler les arcanes d’un sport qui fascine les foules, ou pas : le surf.
Croyez-moi, on a tort de faire l’amalgame surf=sport de poseur.
Sauf pour l’engeance qui plante le nez de sa planche dans le sable à la verticale, parce qu’il faut être un sagouin laqué d’une couche d’amateurisme épaisse comme ça pour traiter son matos avec si peu de considération.

Le surfeur a un pet au casque, parce que c’est la seule raison qui justifie d’aller ramer comme un débile FACE aux vagues avant de s’adonner au surf proprement dit. Il y a aussi cette technique fabuleuse qu’on appelle « le canard », qui consiste à plonger AVEC sa planche SOUS ladite vague qui vous arrive de face dans la figure, plein pot, avec un rugissement furax. Oue, moi aussi, la première fois qu’on m’a dit ça j’ai rigolé mais c’est même pas une blague.
Le canard consiste grosso-modo à plier un genou, tendre une jambe, pousser sur ses bras, se tortiller un peu, prier un bon coup et essayer de faire couler le surf. Trivial. A partir de là, vous avez plusieurs issues :
1) La technique réussie et vous traversez un espace d’eau béni, vierge de toute turbulence, alors que l’enfer liquide se déchaîne au-dessus de votre tête.
2) Ça réussit à moitié, la vague vous écrase le dos et vous passez de l’autre côté avec l’impression qu’un bucheron suédois vous a flanqué une bourrade amicale entre les omoplates.
3) Ça foire totalement, le rouleau vous aspire en essayant de vous péter les reins, vous envoie directement dans l’estomac d’un lave-linge bloqué sur le mode « essorage » avant de vous relâcher tel un jouet brisé pour s’en prendre à votre planche. Laquelle, engloutie par la vague, vous traine par la cheville, sous l’eau, sur une dizaine de mètre ou deux, même si vous plantez vos ongles dans le sable en vous râpant le menton contre des restes de coquillage pour échapper au tour de manège supplémentaire. Si on filmait le tout, on aurait des scènes dignes d’un Tex-Avery. Les poissons doivent s’en payer de sacrées tranches, moi j’vous le dis.
Quelle qu’en soit l’issue, vous vous en sortez en crachotant, un œil noyé sous une mèche de cheveux passke l’océan ça décoiffe, l’autre clignant bêtement pour en éjecter l’eau salée. Vous relevez la tête et « Oh surprise », une autre vague vous arrive dessus, encore plus grosse que sa petite copine. Avec un peu de bol, vous aurez aussi une crampe.
Après il y a l’étape vachement marrante qui consiste à prendre une vague. Avant d’arriver à bondir sur votre surf avec une grâce toute féline, sachez que vous expérimenterez beaucoup de cas ou on vous explique que « ça passe ! ». Sauf qu’au pied d’un mur de 2,5m de flotte un peu grognon (hauteur max hein, au-delà, je recommande perso de s’en tenir aux châteaux de sables) qui vous propulse la tête en bas, « ça passe carrément paaaaaaaas !!!!! ».
Le tout suivit de « MAMAAAAAAN » and/or « WHOUAAAAAAAAA » puis BLOUUF : insert furious waves roaring here plus moultes gémissement subaquatiques.
Si vous êtes chanceux, ça se passera comme à l’étape 3. Autrement, un rouleau un peu joueur peut vous éjecter la tête la première sur un banc de sable recouvert de 30cm de flotte, ce qui est fort peu comme épaisseur d’amorti. Surtout si vous retombez en vrac sur la tranche de votre surf passke là ça fait vraiment mal de type bobo.
Si malgré tout, vous vous en sortez vivant, ce sera avec des bras sur le point de se détacher du corps, en haletant comme un husky sous le soleil du 15 aout avec des bleus partout et en vous trainant pour black-outer sur votre serviette de plage.
Et quand vous rentrerez à la maison, le visage aussi salé et brunit qu’une tranche de bacon sur le grill, les seules choses qui vous feront fantasmer sont 300g de spag’ bolo et une entité ressemblant à un hamac/matelas/canapé pour vous y endormir la bouche grande ouverte à 20h pétante. Vive le sport.
15 juillet 2009 — Ailleurs, Vacances
C’était samedi dernier, devant la scène la plus loufoque qu’il m’ait été donné de voir.

Truc gigantesque, écran à 360°. ‘Sont fous ces irlandais.
Bloody Sunday sur un stade arborant le vert des protestataires Iranien, masques d’Aung San Suu kyi…mais aussi One sur fond de Stade de France étoilé, boule à facette et petite interview de la station spatiale internationale. On peut critiquer la politique financière du groupe et leur tout dernier album (qui est quand même pas tip-top), mais leurs anciens tubes n’ont pas pris une ride, flanquent toujours la chaire de poule et U2 sait gérer l’ambiance. Y a pas à dire, quand un stade au grand complet se met à chanter, ça a vraiment de la gueule. Ces deux heures de concerts ont filé à une allure incroyable.
Et là je suis au Cap-Ferret, où il s’agit de dormir 10h par nuit, lézarder au soleil, lire Millenium un an après le buzz et faire semblant de flotter sur un surf.
Tiens, en parlant de Millenium…ça m’a fait sourciller de constater que le cadre général de type vieille histoire de meurtre sur fond de famille riche mais sur le déclin, nombreuse mais dont les membres se haïssent cordialement faisait vaguement écho au décor classique des « séries de l’été » pondues par TF1 ou France 2. Les bleds Suédois sont peut-être moins sexy de prime abord que la côté d’Azur ou les mignons petits villages Bretons (quoique…) mais ça joue la carte de l’exotisme. Finalement c’est pas étonnant que ça ait si bien marché en France, tout ça :p *mode critique littéraire de quat’ sous blasé ON*
Mazette mais ils ont des noms à dormir dehors sur un matelas à clous, ces Suédois…
J’inaugure ma toute première semaine de congé en stage en prolongeant le pont du 14 juillet par quelques RTT judicieusement placées, et ça fait un bien fou.
6 juillet 2009 — Ailleurs, Problèmes de sociétés (ou pas)
Kids, le train et moi, c’est une grande histoire d’amour. On s’y pose pour quelques heures avec un bouquin, de la bonne musique et on laisse passer le temps : le grand luxe (même si au-delà de 5h de trajet, ça peut devenir longuet, je vous l’accorde).
En revanche, il y a toutes ces petites choses qui font que le meilleur des trajets peut devenir un véritable cauchemar :
- Le voisin senteur aisselle : se décline également en version « empeste le vieux rance pas frais ». Déclenche des grimaces pour chaque m3 d’air brassé. L’odorat humain étant heureusement très bien fait, vous pouvez espérer que vous serez de moins en moins incommodé à mesure que le temps passe.
- Le syndrome du frigo : ou l’art de mettre la clim à 15° plein pot dès les beaux jours, ce qui oblige les voyageurs entrant dans la catégorie « petite chose délicate et frileuse » (comme moi) à se munir d’un pull et d’une écharpe pour les voyages, même si la température extérieure taquine les 30° à l’ombre. Existe sous forme inverse, avec des wagons relookés en étuve à l’occasion des fêtes de Noel. Ou aussi sous l’apparence de la panne de clim’ généralisée aux alentour du 15 aout qui métamorphose le train complet en papillote, et vous scotche littéralement à votre siège si vous voyagez dans un vieux wagon avec fauteuil en simili-cuir-crade.
- Les colonies de vacances : terrifiant adversaire, qui est à la fois multiple, envahissant et terriblement sonore. A le statut de boss ultime. « The Alpha and the Omega, the Beginning and the End… », vous voyez le genre.
- Le kéké qui découvre la technologie : s’extasie devant la toute puissance de son nouveau téléphone/ordinateur et tient à faire partager à tout le wagon son enthousiasme en testant toutes les sonneries ou en faisant grésiller du RnB. Passés quelques temps, le comité des voyageurs en souffrance se cotise pour lui refiler une paire d’écouteurs.
Ce week-end j’ai eu droit à la catégorie « regroupement de famille qui part en vacances » pendant plus de 5h et c’était tout simplement insupportable. Le genre qui vous colle une migraine à se fendre la tête en deux sur sa tablette. Couinements et exclamations suraigües, braillés par une demi-dizaine de bouches plus ou moins édentées, soutenus par un chorus de « chut les enfants, on ne crie pas », murmuré par une entité qui devait représenter les parents des monstres en question.
Crise de larmes en stéréo, feulement de colère capricieux en Dolby-surround, hurlements full reverb. On devrait vendre des martinets au wagon-bar, ça règlerait bien des problèmes. Et aussi, le petit manuel du parent laxiste en pleine crise d’autorité. Genre pour calmer les gamins ils leur font réciter les chiffres et les couleurs en allemand puis en portugais, en chœur, rythme et fortissimo. Quelle bonne blague.
Généralement la meilleure stratégie dans ce genre de cas c’est « courage, fuyons », mais le train étant plein comme un œuf, j’avais moyennement envie de me taper tout le trajet debout appuyée contre le porte-bagage avec mes 7h de sommeil en cumulé sur le week-end. Avec le recul je crois que j’aurais du dormir par terre entre 2 wagons, ç’aurait été la combinaison gagnante.
Bref, quelques heures à ce régime et les passagers exhibaient tous leur plus beau regard assassin. Personnellement j’ai réalisé sur le tard que je montrais les dents en un rictus franchement sanguinaire bien crispé, au moment où une mamie s’est levée pour récupérer son petit fils qui piaulait entre les sièges. Rétrospectivement je crois que je faisais cette tête depuis plusieurs minutes. Vu comme elle avait l’air inquiète et la façon dont elle m’a regardé elle devait (à raison) craindre que je lui saute à la gorge. J’ai succombé à la tentation du sarcasme en demandant à une des mamans quand est-ce qu’ils comptaient revenir de vacances.
- Vendredi, pourquoi ?
- Juste pour être certaine de pas monter dans le même train que vous.
Donc soyez prévenus, vendredi prochain sur la ligne Paris-Pau, c’est l’enfer sur terre.
Mis à part toutes ces considérations, le week-end valait son pesant de cacahouètes. Virées nocturnes, fiestas, rugby, squattages intensifs, sauna l’après-midi, proposition indécentes et autres romans feuilleton, j’en passe et des meilleurs. Vendredi prochain, c’est vacance pour une semaine, et ça aussi ça s’annonce bien. Voilà.
21 juin 2009 — Rien Ne Va Plus
Kids, parmi mes plus fidèles compagnons de route, je peux citer mon vieux sac à dos Quicksilver beige (qui est en passe de battre en ancienneté celui que je trainais au collège, tout en réalisant l’exploit d’être un peu moins rapé/troué/crado), mon ipod a qui j’impose une cadence démentielle depuis son acquisition, l’irremplaçable carte 12-25, le GPS de mes parents (qui est plus ou moins devenu le mien pour cause de squattage intensif et abusif) et surtout, la voiture qui va avec.
Une Renault Clio, millésime 1993, blanche, 180 500 bornes au compteur. Une warrior. Qui a gagné 1-0 contre la portière arrière gauche du bolide de ma mère, un jour où je m’enfuyais de chez-moi à la bourre en marche arrière. On construisait solide, à l’époque.
Impossible de faire un excès de vitesse : je suis sure qu’à plus de 140km/h, le volant se décroche à cause des vibrations. Perso, ça fait longtemps que j’ai arrêté de regarder le compteur de vitesse quand je suis sur l’autoroute : généralement, quand je monte l’auto-radio au niveau 22-23 pour couvrir le bruit du moteur, je suis pile poil à la vélocité admise. A noter que ça nécessite de hurler « BONJOUR !!! » à l’arrivée au péage sans prendre le temps de baisser le son (et accessoirement passer pour une jackie). Ou de se coller une frayeur quand on redémarre le lendemain matin et que la radio vous braille dessus plein pot avec les réglages de la veille.
Ces derniers temps, elle m’en fait un peu voir de toutes les couleurs. Ça a commencé l’été dernier quand j’ai crevé un pneu : 2h de lutte acharnée sous le soleil à essayer de démonter le pneu en question, en râlant comme un pou et en envoyant balader tout le monde passke « je suis une femme libérée, ingénieure dans un futur proche, et qu’on va pas se laisser emmerder par quatre boulons, non mais sans blague. »
Résultat des courses, mon frère a eu pitié, a prit le relais, a failli se péter un poignet…et après un débat passionné sur le sens dans lequel on dévisse, et des libations homériques de dégrippant, il a fallu le poids de mon grand-père sur la clé pour débloquer les boulons. Héroïque.
Il y a eu aussi la fois où j’ai eu une panne de ventilation. Ce qui tombait très bien puisque je ramenais quatre filles de mon équipe de basket, tout de suite après un match, un soir de grand-froid. Grâce à ces circonstances combinées et la densité de buée sur les vitres en résultant, j’ai pu découvrir les joies de la conduite avec la tête par la fenêtre, ce que je rêvais de faire depuis mon premier visionnage d’Ace Ventura.
Ensuite, pour une raison inconnue, ma voiture s’est mise à moisir gentiment pendant mon absence en Angleterre, la transformant en boite de pétri le temps des vacances de Noël. Nettoyage intensif, et autres désinfections consciencieuses sont venue à bout des colonies de pénicillines qui squattaient l’intérieur. On ne peut malheureusement pas en dire autant de l’odeur qui s’est accrochée, tenace et pas toujours très agréable. Senteur reblochon bien fait, m’enfin au bout de 2h, on y fait plus attention…
Il y a deux mois j’ai réalisé que c’était à cause d’une fissure vachement pernicieuse et bien planquée au-dessus de la roue (réparée depuis avec un bout d’adhésif argenté), qui envoyait l’eau directement dans le coffre, avant d’aller inonder les sièges arrières…de ce côté, je remercie les sacs que j’avais mis dans le coffre pour m’avoir permis de la localiser. Dommage qu’ils aient été trempés (ainsi que leur contenu) lors de cette heureuse découverte.
Et enfin, j’ai appris à mes dépends que si je la laisse sur un parking plus d’une semaine sans débrancher la batterie, elle me boude et refuse carrément de se mettre en route. J’ai pris l’habitude de la démarrer à la pince croco, avec une vitesse et une habileté qui flirte avec la virtuosité pour peu que j’arrive à localiser une âme bienveillante qui sache ouvrir le capot de sa caisse sans un manuel.
Tout ça pour dire…bien que ce bolide m’ait rendu de fiers services pendant 3 ans en sillonnant la France (et une partie de l’Angleterre) sans panne majeure, il est peut-être grand temps d’envisager une retraite avant qu’elle ne fasse un infarctus au bord de l’autoroute. Histoire à suivre…
18 juin 2009 — Ailleurs, My Life, Rien Ne Va Plus
Aujourd’hui, c’est racontage de vie !!
Les ptits loups, tous les matins, la société met à disposition de ses gentils employés un BUS pour qu’ils puissent aller au boulot. Départ 7h25 devant la résidence étudiante, gratuit, et même s’il n’est pas super rapide, il vous amène à bon port à l’heure. Plutôt pratique quoi.
Ça pourrait même être parfait, sauf que.
Je me demande encore ce que j’ai fait au Bon Dieu pour que, tous les matins, la même stagiaire vienne s’asseoir à côté de moi avec un grand sourire. Elle n’a même pas encore déposé son auguste derrière sur le siège qu’elle commence déjà à papoter. Un vrai moulin à parole. On l’arrête pas. Sa vie, son œuvre, ses combats, un peu comme le blog que vous êtes en train de lire sauf que vous ne pouvez pas refermer la page web pour faire en sorte que ça s’arrête. À ce moment là, il est 7h30. 7h30, people, et c’est insupportable. Si comme moi vous êtes un oiseau de nuit, du type pas réveillé et grognon le matin au réveil, vous comprendrez ma douleur.
Je sais tout : qu’elle est d’origine russe, qu’il y a de fortes prédispositions pour le diabète dans sa famille, qu’elle se lave les cheveux tous les jours, qu’elle ne loupe pas un match de rugby et qu’elle regarde Battlestar Galactica (c’est dommage, j’avais vraiment envie de regarder la série mais quand j’y pense, je vois sa tête et ça me bloque). Je sais tout et, confidence pour confidence, je m’en contretape abyssalement.
J’ai tout essayé, de l’air d’intérêt jusqu’à l’expression d’un ennui profond manifeste. Bâillements à répétitions. Toussejmenfoustousse. Les écouteurs dans les oreilles. J’ai même tenté d’en placer une dans l’espoir de réguler cette diarrhée verbale, avec mes mots dans le rôle de l’imodium mais elle continue sur sa lancé comme si je n’avais pas ouvert la bouche : généralement, je m’interromps au beau milieu d’une phrase, entre le verbe et le COD, lorsque je constate que de toute façon elle m’a coupé la parole depuis un bail, s’en cogne royalement, et se sent d’attaque pour monologuer encore 20 min.
La seule chose qui marche à peu près, c’est feindre le sommeil. Il faut juste être assez vif pour grimper dans le bus en premier et fermer immédiatement les yeux avec un soupir épuisé à fendre l’âme. Si vous êtes assez rapide, elle aura la décence de ne pas vous réveiller pour vous raconter son programme de la soirée précédente (généralement constitué d’un bain d’une heure, d’une sieste…et j’avoue qu’après j’ai toujours décroché. Probablement un épisode de Battlestar Galactica).
Tout ça pour dire, j’espérais qu’en revenant de ma session d’examen en Angleterre elle se serait chouia calmée. J’ai même pris la voiture pour aller au boulot la semaine qui a suivit, afin d’être sure de faire mes trajets tranquillou.
Quand j’ai repris le bus, RIEN n’avait changé. Mis à part qu’elle avouait avoir été prête à m’envoyer un sms pour savoir ce qui m’était arrivé. Oscour. Alaide. (Si vous vous posez la question, je lui ai laissé mon numéro après m’être fait harceler une demi-heure sur « comment télécharger la derrière saison de Battlestar Galactica ». J’étais prête à tout pour être sûre qu’elle ne me suive pas jusqu’à ma chambre).
Et ce matin, le miracle à eu lieux.
Hallelujah. Ozana. Laché de chérubins potelés. Et autre angelots de la même Arche de Noé. Sonnez hautbois, résonnez musettes. Son, lumières et félicité.
Il y a une NOUVELLE STAGIAIRE.
L’effet fut immédiat, l’autre pipelette l’a immédiatement prise sous son aile pour la coacher pendant tout le trajet, me laissant commater avec délice contre la fenêtre du bus, un sourire de béatitude peint sur le visage.
Prière sincère pour cette nouvelle âme innocente qui bosse ici jusqu’à début septembre, espérons qu’un autre nouveau arrivera d’ici là où elle risque vite de trouver le parcours insupportable. Amen.
15 juin 2009 — Ailleurs, My Life
Me voici tout juste de retour de Paris et d’un week-end attendu avec impatience depuis…longtemps.
AC/DC. Le Stade de France. Et moi.
J’ai SU au plus profond de mon âme de zikos qu’un hypothétique soir dans le futur me trouverait au milieu d’une horde de fan hurlante pour un de leur concert, à l’instant précis où mon frère glissa dans un lecteur CD leur Live de 92, et que l’intro entêtante de Thunderstruck déclencha une Ola sur mon épiderme. Les ptits loups, j’ai guetté.
Des années plus tard, me voilà devant mon PC, à l’aube, à harceler le site oueb de la Fnac par un froid matin de décembre, jusqu’à ce que, après une lutte acharnée, j’arrache aux serveurs surchargés 2 places en pelouse « or », au plus près de la scène. Victoire. Mission Accomplie. Tant mieux parce qu’après avoir manqué ma chance lors des ventes pour les concerts de Bercy, j’étais prête à vendre un rein pour récupérer des tickets sur le marché noir en cas d’échec.
Sept mois passent, je suis dans le train partant de Toulouse, cap sur Paris. Des fans pleins les wagons. Ça parle musique, on arbore ses plus beaux t-shirt du groupe australien, des magazines de rock circulent de siège en siège. Ça va être top.
Et enfin ça y est, mon frère et moi faisons notre entrée dans le Stade pour nous poster à 10m de la scène, des cornes de diablotin en plastique rouge sur la tête, bondissant avec entrain comme des gosses le matin de Noel. Frisson d’anticipation.
Les premières parties s’enchainent et à 21h04, la tension monte d’un cran.
Ça commence « soft » : Un dessin animé défile sur l’écran derrière la scène. On y voit un vieux train à vapeur fou, avec le groupe à bord. Angus Young le guitariste, en diablotin sapé comme un écolier, est à l’avant de la machine et fait monter la pression, le tout avec force sous-entendu graveleux…jusqu’au moment où l’écran s’ouvre en deux pour que le Rock’n Roll Train, tout de métal et de carton pâte, entre sur scène. Et là, alors que le premier accord fait vibrer les amplis, le chaos explose.

D’un seul élan, la fosse entière vous propulse 5 m en avant. Les pieds flottant au-dessus du sol, votre espace vital est sacrifié. La température monte de 10°. J’ai juste le temps de m’agripper à frangin pour ne pas me faire happer par une marée de fans déchainés. J’en profite pour repêcher une petite trentenaire qui suffoque, en pleine crise de panique.
Les deux premiers morceaux se sont passés dans un brouillard confus. J’avoue avoir songé, entre deux esquives de headbang, trempée de sueur de la tête au pied, que je ne pourrais pas survivre à 2h de concert à ce rythme. Et pourtant…

Assez vite, l’enthousiasme de la fosse est redevenu gérable, une fois les plus gros pogoteurs fous échoués en PLS dans un coin du stade. Et la magie opère. C’est vrai, les australiens ne sont plus tout jeunes. Ils ont même pris un sacré coup de vieux. Sans sa casquette pour cacher la disparition de sa tignasse, Angus « Young » ne porte plus si bien son nom. Brian, le chanteur, a pris du bide et son béret lui donne un look de papy. Mais quelle pêche, quel son, quel ambiance…du bon vieux rock, des riffs efficaces, du rythme et des paroles basiques hurlées sur des amplis rugissant. J’adore. Et pendant tout le reste du concert, je me suis retrouvée à sautiller non-stop, les bras en l’air, à brailler refrain sur refrain avec un entrain surnaturel. Carrément. Jubilation et exultation, enivrée de musique. Si vous étiez pas au courant, je suis relativement fan du groupe.
Les morceaux se sont enchainés et il y a eu ce moment incroyable ou Angus, dégoulinant comme une serpillère, plié en deux comme si sa guitare pesait 50kg, a placé ce solo, sur une plate-forme au beau milieu du stade. Plus un seul pogo. La fosse entière calmée, c’était bluffant. 13 bonnes minutes d’héroïsme musical solitaire. Quand je pense qu’ils sont à ce rythme depuis Novembre et qu’ils jouaient à Marseille 3 jours avant…chapeau bas.

J’ai pris un peu le large au moment du final. Complètement déshydratée et aussi cassée que si j’avais pris part à un match avec le XV de France, j’ai pris le temps de profiter de la vue du Stade plein à craquer, illuminé par des centaines de cornes de diablotins rouge qui clignotaient dans le noir. Sur scène, le train avait disparu et une demi-douzaine de canons alignés face à la foule tiraient en rythme sur For Those About To Rock. J’aurais trouvé ça kitch pour n’importe quel groupe. Ici, c’était tout simplement énorme.
Clairement, c’était le meilleur concert de ma courte vie et je ne regrette aucun bleu, aucune courbature. Atmosphère survoltée et moment d’anthologie. Impression magnifique d’avoir profité d’un instant avec des acteurs de l’Histoire de la musique. Avec un grand H. Ferveur du fan comblé aidant, AC/DC s’est élevé pour moi au rang de légende. Ouais. Putain, ça c’est du Rock.
PS: Les photos sont issues de l’excellent blog de Philippe Zegut (http://zegut.blogspot.com/), allez y jeter un oeil, il y a pas mal de trucs là-dessus !
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