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Procrastination et autres digressions useless.

Me voici de retour à Paris, après un voyage presque sans histoire: vous vous souvenez de l’unique vieux pull qui m’a accompagné en Inde et dont je vous ai parlé dans le post précédent ? Et bien j’ai eu la très mauvaise idée de le filer au pressing de l’hotel et depuis ce jour fatidique il est porté disparu. J’ai donc effectué ma petite dizaine d’heures d’avion en t-shirts (en mode multicouche hein, à raison de trois épaisseurs), pour débarquer à Paname en grelottant un tantinet. Paris donc, qui est par ailleurs une ville incroyablement calme, silencieuse, propre, avec des trottoirs vaste comme des avenues. Dépaysement garantie. On reprend vite le pli hein, j’ai déjà fait tellement de trucs que j’ai l’impression que ça fait un mois que je suis rentrée.

Et donc, sans transition, je voudrais dédier les lignes suivantes à mes petits camarades de promo qui ont, comme moi, une thèse professionnelle à rédiger. Après quelques années d’études, une chose est certaine: la maîtrise de la procrastination dans toute sa splendeur a atteint un niveau tel que l’on peut affirmer sans rougir que certains en ont fait un art. Et c’est là que se trouve la vraie valeur ajoutée de ces années studieuses, ce petit «plus» qui fait la différence et contribue a former des individus à la personnalité riche, des jeunes gens ouverts, curieux de tout, qui savent se prendre en main et assumer leur responsabilité…

Les faits parlent d’eux-même:
Grâce à la thèse professionnelle et autres rapport de stage, les étudiants deviennent de véritables fées du logis: Vous avez déjà essayé de rédiger un paragraphe sur la logistique indienne alors qu’une chemise froissée git sur votre lit et que deux assiettes sales se battent en duel au fond de de votre évier ? on est d’accord, c’est impossible.

De même, on ne peut pas s’imaginer aborder les problématiques douanières de l’import-export sans suivre l’actualité en temps réel sur le web, à grand coup de cyber-zapping toutes les 5 minutes sur «Le Monde» ou «Infoconcert». Avec bien évidement Facebook en tâche de fond, au cas-où un ami suggère dans son statut un ouvrage indispensable traitant des derniers logiciels de gestions de stocks disponibles sur le marché. Sait-on jamais.

Bref, la rédaction de quelques pages de cette fameuse thèse m’a également offert suffisamment de prétextes pour me remettre à la guitare, découvrir de nouvelles séries US ainsi que quelques cafés et autres restaurant, et rôder un peu en quête de nouvelles fringues. Parce qu’évidemment, si on est pas sapé de façon impeccable avec des habits flambants neufs, il est tout de suite impensable de bosser seule chez soi devant son ordi. Sans oublier, choses importantes s’il en est, des occasions de se remettre au sport ou faire un peu de cuisine car il faut garder «un esprit sain dans un corps sain», c’t’important. (Pis zut quoi, chuis en vacances là, moi…). C’est incroyable la myriade de trucs totalement cruciaux et urgentissimes qui peuvent survenir lorsque l’on ouvre word avec la vague intention de «bosser un peu en s’y mettant à fond». La rédaction de ce post de blog en est le meilleur exemple, étant donné qu’il est la conséquence directe de l’écriture de deux lignes concernant les systèmes de référencement et les nomenclatures de fabrication industrielles. Procrastination je t’aime.

Si vous ne souhaitez pas profiter de ce genre d’exercice scolaire pour booster votre épanouissement personnel et devenir un maestro de la polyvalence multi-tâche en préférant taffer comme un bourrin…Au moins parviendrez-vous peut-être à éviter de finir votre rapport à 4h du mat’ le jour de l’échéance, au milieu des cadavres d’une demi-douzaine de canettes de Red Bull. Bref, l’autoroute parfois un peu austère des connaissances étudiantes est bordée d’itinéraires bis et de mignons petits chemins rieurs où il fait bon flâner et entamer une pause pique-nique avant de se retrouver bloqué dans les embouteillages des retardataires de retour de vacances.

Tout ça pour dire…fermons cette parenthèse et abordons le sujet suivant. A savoir le fait que je ne suis pas totalement sûre de la raison d’être de ce blog qui fonctionne par sursaut de créativité spasmodique 2 mois dans l’année depuis mon glorieux retour de Londres en avril de l’an de grâce 2009. Ça fait maintenant un peu plus de deux ans que ce concentré d’âneries existe, avec un layout qui n’a pas muté d’un pixel. Et je suis pas certaine de pouvoir continuer sur cette lancée sans sombrer inexorablement dans les affres du racontage de vie bête et méchant. Donc…sauf si les circonvolutions potelées de mon mignon cerveau trouvent d’autres sources d’inspiration, ce blog va très probablement entamer une petite phase d’hibernation. On se dit à la prochaine…

Tchou-tchou

Kids, le train et moi, c’est une grande histoire d’amour. On s’y pose pour quelques heures avec un bouquin, de la bonne musique et on laisse passer le temps : le grand luxe (même si au-delà de 5h de trajet, ça peut devenir longuet, je vous l’accorde).

En revanche, il y a toutes ces petites choses qui font que le meilleur des trajets peut devenir un véritable cauchemar :

– Le voisin senteur aisselle : se décline également en version « empeste le vieux rance pas frais ». Déclenche des grimaces pour chaque m3 d’air brassé. L’odorat humain étant heureusement très bien fait, vous pouvez espérer que vous serez de moins en moins incommodé à mesure que le temps passe.

– Le syndrome du frigo : ou l’art de mettre la clim à 15° plein pot dès les beaux jours, ce qui oblige les voyageurs entrant dans la catégorie « petite chose délicate et frileuse »  (comme moi) à se munir d’un pull et d’une écharpe pour les voyages, même si la température extérieure taquine les 30° à l’ombre. Existe sous forme inverse, avec des wagons relookés en étuve à l’occasion des fêtes de Noel. Ou aussi sous l’apparence de la panne de clim’ généralisée aux alentour du 15 aout qui métamorphose le train complet en papillote, et vous scotche littéralement à votre siège si vous voyagez dans un vieux wagon avec fauteuil en simili-cuir-crade.

– Les colonies de vacances : terrifiant adversaire, qui est à la fois multiple, envahissant et terriblement sonore. A le statut de boss ultime. « The Alpha and the Omega, the Beginning and the End… », vous voyez le genre.

– Le kéké qui découvre la technologie : s’extasie devant la toute puissance de son nouveau téléphone/ordinateur et tient à faire partager à tout le wagon son enthousiasme en testant toutes les sonneries ou en faisant grésiller du RnB. Passés quelques temps, le comité des voyageurs en souffrance se cotise pour lui refiler une paire d’écouteurs.

Ce week-end j’ai eu droit à la catégorie « regroupement de famille qui part en vacances » pendant plus de 5h et c’était tout simplement insupportable. Le genre qui vous colle une migraine à se fendre la tête en deux sur sa tablette. Couinements et exclamations suraigües, braillés par une demi-dizaine de bouches plus ou moins édentées, soutenus par un chorus de « chut les enfants, on ne crie pas », murmuré par une entité qui devait représenter les parents des monstres en question.

Crise de larmes en stéréo, feulement de colère capricieux en Dolby-surround, hurlements full reverb. On devrait vendre des martinets au wagon-bar, ça règlerait bien des problèmes. Et aussi, le petit manuel du parent laxiste en pleine crise d’autorité. Genre pour calmer les gamins ils leur font réciter les chiffres et les couleurs en allemand puis en portugais, en chœur, rythme et fortissimo. Quelle bonne blague.

Généralement la meilleure stratégie dans ce genre de cas c’est « courage, fuyons », mais le train étant plein comme un œuf, j’avais moyennement envie de me taper tout le trajet debout appuyée contre le porte-bagage avec mes 7h de sommeil en cumulé sur le week-end. Avec le recul je crois que j’aurais du dormir par terre entre 2 wagons, ç’aurait été la combinaison gagnante.

Bref, quelques heures à ce régime et les passagers exhibaient tous leur plus beau regard assassin. Personnellement j’ai réalisé sur le tard que je montrais les dents en un rictus franchement sanguinaire bien crispé, au moment où une mamie s’est levée pour récupérer son petit fils qui piaulait entre les sièges. Rétrospectivement je crois que je faisais cette tête depuis plusieurs minutes. Vu comme elle avait l’air inquiète et la façon dont elle m’a regardé elle devait (à raison) craindre que je lui saute à la gorge. J’ai succombé à la tentation du sarcasme en demandant à une des mamans quand est-ce qu’ils comptaient revenir de vacances.

– Vendredi, pourquoi ?

– Juste pour être certaine de pas monter dans le même train que vous.

Donc soyez prévenus, vendredi prochain sur la ligne Paris-Pau, c’est l’enfer sur terre.

Mis à part toutes ces considérations, le week-end valait son pesant de cacahouètes. Virées nocturnes, fiestas, rugby, squattages intensifs, sauna l’après-midi, proposition indécentes et autres romans feuilleton, j’en passe et des meilleurs. Vendredi prochain, c’est vacance pour une semaine, et ça aussi ça s’annonce bien. Voilà.

Mésaventures matinales & autre miracle.

Aujourd’hui, c’est racontage de vie !!

Les ptits loups, tous les matins, la société met à disposition de ses gentils employés un BUS pour qu’ils puissent aller au boulot. Départ 7h25 devant la résidence étudiante, gratuit, et même s’il n’est pas super rapide, il vous amène à bon port à l’heure. Plutôt pratique quoi.

Ça pourrait même être parfait, sauf que.
Je me demande encore ce que j’ai fait au Bon Dieu pour que, tous les matins, la même stagiaire vienne s’asseoir à côté de moi avec un grand sourire. Elle n’a même pas encore déposé son auguste derrière sur le siège qu’elle commence déjà à papoter. Un vrai moulin à parole. On l’arrête pas. Sa vie, son œuvre, ses combats, un peu comme le blog que vous êtes en train de lire sauf que vous ne pouvez pas refermer la page web pour faire en sorte que ça s’arrête. À ce moment là, il est 7h30. 7h30, people, et c’est insupportable. Si comme moi vous êtes un oiseau de nuit, du type pas réveillé et grognon le matin au réveil, vous comprendrez ma douleur.

Je sais tout : qu’elle est d’origine russe, qu’il y a de fortes  prédispositions pour le diabète dans sa famille, qu’elle se lave les cheveux tous les jours, qu’elle ne loupe pas un match de rugby et qu’elle regarde Battlestar Galactica (c’est dommage, j’avais vraiment envie de regarder la série mais quand j’y pense, je vois sa tête et ça me bloque). Je sais tout et, confidence pour confidence, je m’en contretape abyssalement.

poster_smectaaaJ’ai tout essayé, de l’air d’intérêt jusqu’à l’expression d’un ennui profond manifeste. Bâillements à répétitions. Toussejmenfoustousse. Les écouteurs dans les oreilles. J’ai même tenté d’en placer une dans l’espoir de réguler cette diarrhée verbale, avec mes mots dans le rôle de l’imodium mais elle continue sur sa lancé comme si je n’avais pas ouvert la bouche : généralement, je m’interromps au beau milieu d’une phrase, entre le verbe et le COD, lorsque je constate que de toute façon elle m’a coupé la parole depuis un bail, s’en cogne royalement, et se sent d’attaque pour monologuer encore 20 min.

La seule chose qui marche à peu près, c’est feindre le sommeil. Il faut juste être assez vif pour grimper dans le bus en premier et fermer immédiatement les yeux avec un soupir épuisé à fendre l’âme. Si vous êtes assez rapide, elle aura la décence de ne pas vous réveiller pour vous raconter son programme de la soirée précédente (généralement constitué d’un bain d’une heure, d’une sieste…et j’avoue qu’après j’ai toujours décroché. Probablement un épisode de Battlestar Galactica).

Tout ça pour dire, j’espérais qu’en revenant de ma session d’examen en Angleterre elle se serait chouia calmée. J’ai même pris la voiture pour aller au boulot la semaine qui a suivit, afin d’être sure de faire mes trajets tranquillou.

Quand j’ai repris le bus, RIEN n’avait changé. Mis à part qu’elle avouait avoir été prête à m’envoyer un sms pour savoir ce qui m’était arrivé. Oscour. Alaide. (Si vous vous posez la question, je lui ai laissé mon numéro après m’être fait harceler une demi-heure sur « comment télécharger la derrière saison de Battlestar Galactica ». J’étais prête à tout pour être sûre qu’elle ne me suive pas jusqu’à ma chambre).

Et ce matin, le miracle à eu lieux.
Hallelujah. Ozana. Laché de chérubins potelés. Et autre angelots de la même Arche de Noé. Sonnez hautbois, résonnez musettes. Son, lumières et félicité.

Il y a une NOUVELLE STAGIAIRE.

L’effet fut immédiat, l’autre pipelette l’a immédiatement prise sous son aile pour la coacher pendant tout le trajet, me laissant commater avec délice contre la fenêtre du bus, un sourire de béatitude peint sur le visage.
Prière sincère pour cette nouvelle âme innocente qui bosse ici jusqu’à début septembre, espérons qu’un autre nouveau arrivera d’ici là où elle risque vite de trouver le parcours insupportable. Amen.

Baby we were born to run

Et voilà.
Je viens de finir l’un des plus grand challenge logistique de ma courte vie. En dix jours, j’ai usé 4 billets de trains, 2 billets d’avion, quelques tickets de RER et ma fidèle carte Oyster. J’ai testé 2 auberges de jeunesses différentes et squatté en transit chez mes cousins les autres nuits, pour des escales parisienne dont la durée oscillait entre 15 et 52 heures. J’ai passé 5 partiels et un entretiens à HEC, et changé le contenu de mes sacs de voyage un nombre incalculable de fois.

Je suis à l’aéroport en attendant que l’embarquement commence, et si Dieu veut, je serai de retour en France d’ici quelques heures. Encore une petite centaine de kilomètres en voiture, et je devrai être en mesure de black-outer dans un coin de ma chambre à Pau. Espérons que mon bolide va démarrer sans me faire de gag cette fois-ci, je me sens pas d’attaque pour attendre une dépaneuse sur le parking de l’aéroport entre 23h et minuit.

Kids, vous savez à quel point je suis fâchée avec tout ce qui rapproche de près ou de loin à un « départ », ceux qui suggèrent une certaine finalité, du moins. (‘fin vous le savez peut-être pas mais maintenant zêtes au courant). Curieusement, je n’ai pas le traditionnel coup de blues que je me trimballe fugitivement dans ce genre de cas.

Je suis simplement vidée et bien assommée, avec un champ de vision un peu plus limité que d’habitude et des charbons ardents à la place des yeux. Ou alors les évènements se sont succédés tellement vite depuis que je suis partie que mes neurones n’ont pas pris le temps de tout traiter-enregistrer. Y a aussi de fortes chances que je sois trop démontasse pour avoir envie de me lancer dans un instant de mélancolie émue, même si mon inconscient en a envie. Généralement l’épuisement total a plutôt l’effet inverse sur ma modeste personne. Tant mieux si j’y échappe cette fois-ci. Paradoxalement, si je m’écoutais, j’irai me prostrer dans un coin de l’aéroport, emmitouflée dans mon hoodie, en versant des larmes d’épuisement avant de m’endormir sur place. Quand mon réveil va sonner demain matin vers 6h50, il est fort possible que je me mette à chouiner avant de m’extirper de ma couette avec des marmonnements fatigués et déchirant.

Je viens quand même de passer 5 min à expliquer à l’enregistrement que je me rendais à Lyon, avant de me souvenir que je vais à Toulouse. Chais plus trop où j’habite, là.

N’empêche, le week-end était fun, touristique, festif et vraiment chouette. Finir l’épisode « Londres » sur une note de ce genre, ça fait plaisir !
La suite des évènements est un peu flou (je vais pas m’en plaindre). Je me vois bien passer quelques soirées tranquillou, me poser un brin, faire la sieste, passer quelques coups de fils, dépoussiérer ma guitare, regarder des bouts de série US…avant de reprendre vite-fait la route pour de nouvelles aventures que j’espère riche et en fun et en émotions. Oui, toussa.

J’en peux plus les enfants. Vivement que je sois dans l’avion, je vais m’écrouler avec délice.

Petites comparaisons, sur le tas

Il y a un bon paquet de différences flagrantes entre une entreprise anglaise et une entreprise française. Bon, ok, j’en ai testé qu’une de chaque, donc mon échantillonnage est loin d’être représentatif, mais quand même.

1) Le café:

En France, c’est du vrai, du bon, du percolé avec amour dans une bonne vieille cafetière et en libre service pour peu qu’on ramène un paquet de temps en temps… et non pas un vague ersatz de caféine dilué en microdose, spécial « nourrisson et petite enfance », que crache les distributeurs Outre-Manche. Joie et Bonheur, ça m’avait manqué.

2) La durée des pauses cafés :

10min à tout casser en Angleterre, 0,5 h minimum en France. Pour ça, le travailleur français lambda est connu comme le loup-blanc…mais voyez-vous, ça a son importance parce qu’il en découle directement…

3) L’ambiance :

Bon, OK, c’est vrai que dans un pays étranger, c’est pas facile-facile de se pointer et taper la discut’ avec le premier venu. N’empêche qu’en France, ça tchatche nettement plus entre collègue, ça se marre, et le niveau des blagues est nettement plus bas.
En ce moment j’ai beaucoup de mal avec le « vous »/ « tu » : tout le monde se tutoie, on m’a ordonné expressément de faire de même, mais je bloque un peu…le « you » anglais, neutre, sobre et efficace, c’est une superbe invention : pas de prises de têtes et de dilemme terrifiant « diplomatie V.S politesse V.S respect V.S convivialité »…

4) Les salutations

En Angleterre, il y a grosso-modo 3 façons de saluer quelqu’un. J’vous explique.

Case of « Entité inconnue » : Un signe de la main, à une distance de 1m minimum, accompagné d’un vague « hi » ou « hey ya » ou une onomatopée de la même farine.

If « Entité inconnue, rencontre formelle » : Un bon vieux serrage de papatte, mais on peut aussi appliquer la méthode 1. Surtout si vous êtes une fille et stagiaire, parce que visiblement ça déroute les employés de plus de 50 ans, une nana qui amorce une poignée de main en guise de bonjour.

If « Connaissance plus ou moins proche » : Un Hug digne des plus grandes séries américaines. Je vous préviens parce que ça surprend toujours.

Bref. Ceci dit, on n’est pas beaucoup mieux en France avec notre décompte des bises qui varie selon la latitude, l’axe nord-sud ou la position du soleil…
Je dois dire que généralement avec mes collègues de bureau anglais l’année dernière, ça se limitait à la méthode n°1 décrite ci-dessus, dans un périmètre de 5m² défini autour de l’écran de PC. Dans le Sud, dès le 2e jours, vous comprenez qu’il y a un véritable rituel sacré à respecter, qui consiste à serrer la main/taper la bise à toute entité organique vivante que vous croiserez dans votre service.

Mis à part toutes ces considérations, je dois avouer que j’ai un peu de mal avec mes nouveaux horaires étant donné que ça fait bien 8 mois que je m’étais pas levée aussi tôt, et que par conséquent j’ai l’impression d’être une petite vieille quand je me force à filer au lit avant minuit.
Enfin, sachez qu’à Pau il fait un temps de chien, de ce côté Londres c’était carrément mieux. Comme quoi faut se méfier des idées toutes faites sur le Sud de la France et le climat Anglais. Personnellement, là maintenant tout de suite, je me sens roulée sur la marchandise.
Et sur ce, je vais pas tarder à aller me coucher…

Coup de vent

Pau, c’est plutôt sympa.
Mon nouveau squat est certes pas bien grand mais callé tout plein. Ça me rappelle mes années « résidence INSA », la télé en plus.
Je vous aurais bien parlé de mon stage, de la boite qui est vraiment sympa et de tout un tas d’autres trucs…mais je dois dire que le retour a la réalité est un peu brutal. En clair, je suis (encore une fois) débordée. Pis je me sens pas d’humeur a écrire des âneries à la légèreté aussi insouciante qu’inconvenante, en ce moment.

Bon, ceci dit, je vais quand même éviter de mettre ma vie sociale complètement au placard, histoire de m’intégrer un peu dans mon nouvel environnement, mais c’est parti pour être relativement tendu. Rien d’autre à faire à part mettre le nez dans le guidon sans se poser trop de questions et s’extasier de la vitesse à laquelle les heures vous filent entre les doigts. Intellectuellement et psychologiquement, la planque absolue.

Je devrais pouvoir respirer pour de bon au mois de juin, d’ici là ça promet d’être un tantinnet héroïque ! stay tuned !

Spring Break

Hier, j’ai déposé mon rapport sur le bureau de mon tuteur, avec un grand sourire et des cernes jusqu’au menton. Pour fêter ça, j’ai invité Deborah (aka « la thésarde avec qui je bosse ») au resto du coin et je me suis payée deux heures de lectures au soleil, allongée sur la pelouse de Hyde Parc, avant de tirer des bords directions Piccadilly Circus.

Mes dossiers d’inscriptions sont bouclés (le plus urgent, du moins, le reste attendra un peu passke faut pas pousser), j’ai rangé mon bureau et je suis en train de manger un de ces délicieux muffin au chocolat qu’ils vendent à la cafèt’ de mon département. Ça vous repeint le visage (et le clavier) en noir tellement c’est pratique à manger mais c’est pas grave.
Voilà, mon 2e trimestre ici s’achève et dans quelques heures, je serais de retour pour une brève escale en France.
En tout franchise, le temps est passé tellement vite que je ne réalise absolument pas. Si ça se trouve, j’ai peut-être assisté aux derniers cours de ma vie étudiante cette semaine et ça me fait ni chaud ni froid. Ces dix derniers jours ont été tellement blindés que j’ai du mal à me dire que du jour au lendemain c’est changement complet de rythme et de décor. Ma valise est faite, mes billets d’avions sont sur le bureau…c’est parti pour un mois de vacances et de vadrouilles.

Mes capacités physiques étant somme toute limitées, je ne peux pas déménager avec mes seuls petits bras les 100kgs de bagages (à vue de nez) qui se sont entassés dans cette chambre. Et comme ma présence est expressément requise ailleurs, mes affaires vont donc rester à Londres encore quelques temps puisque j’ai la chambre jusqu’à fin Avril. A ce sujet, je suis positivement ravie de pouvoir revenir ici et continuer de profiter de la vie londonienne sur la fin de mes vacances !
Et de toute façon, je reviendrais ici pour passer les exam’ fin mai…
Anyway, je ne regrette pas une seule minute de mon (trop) bref passage ici, j’en aurais même bien repris un peu. 5-6 mois ? j’ai même pas l’impression d’en avoir fait 2…mais je radote !

Autrement, là maintenant tout de suite, je vais devoir vous laisser. Vous aurez de mes nouvelles d’ici 2-3 semaines, à la louche. Plus de web, téléphone portable au fin fond d’un tiroir, faisons fi de toute cette technologie futile (mais Ô combien indispensable) total freedom et bisou tout le monde. J’ai troqué mes converses contre des godasses de rando et je pars pendant quelques temps loin à l’aventure, ça va être bien.

La Fraude Pour Les Teubés

Les ptits loups, aujourd’hui je vais vous narrer l’épisode le plus navrant de ma modeste semaine, le tout sur fond de vadrouille et autres correspondance en trains, plus ou moins foireuses.
L’art de la Fraude, les gens.
Allons, pas de chichis entre nous, on l’a tous fait. Ou si c’est pas encore le cas, passez à l’acte. Quelqu’en soit l’issu, ça vous feras toujours un truc en plus à raconter à vos ptits enfants/chats/parents/chèvres/whatever.
Vivons dangereusement, que diable.

Tout ça pour dire que vendredi j’ai quitté le soleil londonien pour les contrées brumeuses de la Belgique, en Eurostar. Au passage, Londres St Pancras a nettement plus la classe que Paris Gare du Nord. Mais OSEF.

Arrivée à Brussel, je zigzag avec aisance entre sacs, voyageurs et autres dockers du week-end pour tomber en arrêt sur le panneau d’affichage des trains. Départ de ma correspondance dans 5 min, pas le temps de prendre un billet. Je me jette dans le train, bien entendu, vous pensez bien !

Et donc là, entre deux wagons, il y avait ce panneau qui explique que la fraude c’est mal et que par conséquent, vous allez raquer sévère. Mais comme dirait mon père : quand on fait une connerie, c’est pas grave tant qu’on se fait pas choper. Un vrai philosophe, mon papa.

Donc avec un courage aussi naïf que stupide, je reste entre les deux wagons en espérant que le contrôleur ne passera pas et que tout va rouler. Au pire, je trouverais bien une parade. Tant que j’y étais, j’aurais du demander un Big Mac avec des frites et un coca, hein…

Évidemment, la contrôleuse se pointe. Moi, j’étais scotchée entre les strapontins et le porte bagages en lui tournant le dos, mon téléphone collé sur l’oreille, plongée dans un débat aussi imaginaire que passionnant avec mon cousin Alphonse, éleveur de pingouins nains au Kazakhstan extérieur. Bizarrement, ça n’a pas marché et au bout de deux bonnes minutes, la bonne femme me tapote l’épaule pour me demander mon billet. Vous êtes en droit de vous gausser.

Grand sourire et déballage de sacs sur le sol. Genre mon billet a sûrement glissé au fond au milieu de mes affaires, entre mon pyjama et une paire de jean, vous pensez bien !
Pour en rajouter, j’étale mes billets d’Eurostar et la demi-douzaine de billets de trains, vestiges de précédentes vadrouilles, en me disant que si je noies le poisson, ça passera peut-être.

En voyant les billets d’Eurostar, la contrôleuse s’étonne avec un accent belge aussi cordial que du papier éméri :

« Oh, you’re english ! »

Et moi de répondre :

« Euuuuuuh…Yes ! » le tout dans un franglais impeccable et pas provincial pour un sous, avec une spontanéité toute londonienne. Ridicule quoi.

Et la voilà qui chope mon billet d’Eurostar, lance un « Perfect ! » et le poinçonne avec la dernière énergie. Là-dessus elle se casse et me laisse médusée avec le sentiment d’être l’andouille du jour.
Finalement, j’ai voulu frauder mais j’en ai même pas été capable. L’honnête, people, est chez moi une qualité intrinsèque.

Pour votre gouverne, sachez donc que quand on prend un billet via Eurostar pour la Belgique, on gagne en prime un allez simple dans le pays pour une correspondance x ou y. Bon à savoir, n’est-ce pas ?
Mais bref. La fraude c’est mal et ne comptez pas sur moi pour vous expliquer comment frauder dans un Thalys, tout en limitant les dégats avec une amende considérablement réduite si jamais le plan échoue. Non mais oh quoi.

Dans un registre nettement plus scolaire, sachez que je brûle d’envie de vous raconter mes mésaventures au College avec mes ptits camarades de classe et tout le bataclan, mais sachez que pour l’instant, je n’ai pas encore eu un seul cour officiel. Ça s’annonce épuisant, cette année.